Depuis quelques mois, ces anciens cadres d’un grand chantier naval sillonnent l’Hexagone et participent à des salons nautiques pour commercialiser un bateau d’exception : le Dragonfly.
Jusqu’à preuve du contraire, l’océan n’arrive pas à Challans et pourtant Charlotte Matthijsse et Julien Binard, deux amoureux de la mer, y ont jeté l’ancre. Après avoir découvert la commune via une location, ils ont fait construire et n’envisagent nullement de déménager. « Nous nous y plaisons à titre privé et avons trouvé des soutiens pour réaliser notre projet professionnel », déclare Charlotte. S’ils se sont connus à Bénéteau, ils ont eu des parcours différents qui s’avèrent complémentaires aujourd’hui.
Charlotte, petite fille du premier exportateur hollandais de fleurs coupées, a fait des études à l’Institut supérieur européen de gestion avant de rejoindre l’agence de publicité Young et Rubicam. Cette passionnée de voile n’a pas résisté à une offre d’emploi sous-qualifiée du chantier naval vendéen : « Je suis rentrée par la petite porte, après dix ans dans l’entreprise. Je viens de quitter mon poste de responsable marketing opérationnel. »
« La maserati de la voile »
Les parents de Julien, le breton, lui prédisaient un avenir dans l’entreprise familiale de génie civil. « Après avoir convenu que je ne m’éclatais pas dans cette filière, ils ont accepté que j’entre à l’Institut nautique de Bretagne de Concarneau. Avec mes copains, à nos moments perdus, on grattait les dix-huit couches de vernis mis par Éric Tabarly sur le Pen Duick. » Après diverses expériences dans le milieu nautique, il rejoint également le chantier naval en tant que responsable commercial.
En janvier 2017, les deux voileux, qui ont agrandi leur famille avec les naissances de Capucine et Camille, amateurs de belles machines se rendent au Danemark pour acquérir un Dragonfly 28. « Le Dragonfly, c’est la Maserati de la voile », lâche Julien en connaisseur.
Le courant passe si bien avec Jens Quorning, le responsable de la marque, que ce dernier, au vu de leur CV, leur propose d’être importateurs exclusifs pour la France.
Dans l’aventure
Avec le soutien d’Inov et d’Espace technologie, entre autres, ils créent leur société, Hellomulti, et se lancent dans l’aventure. « Du bureau installé à notre domicile, nous finalisons les ventes de bateaux faits sur mesure dont les prix s’échelonnent de 100 000 à 550 000 € en fonction de la taille (25,28, 32 et 35 pieds).
Le constructeur, qui réalise une cinquantaine d’unités par an, autorise de nombreuses configurations et le client peut le personnaliser à souhait, voiles, matières, etc. Notre prestation comprend le plan de financement, l’hivernage, des équipements spécifiques, etc. jusqu’à la visite de l’usine. Nous sommes dans le tout inclus », poursuit Charlotte, intarissable sur le sujet.
Tous deux sont impatients de prendre livraison de leur Dragonfly 28, courant mars. Il sera amarré aux Sables-d’Olonne, servira à des démonstrations, sera exposé dans les salons et loué en période estivale. « La vie est trop courte pour naviguer à 7 nœuds », déclare Charlotte.
Aussi, tant sur l’eau que dans les affaires, avec Julien, ils envisagent de foncer. Alors que des premières ventes ont déjà été signées, en collaboration avec Espace technologie, ils mettent au point sur internet une plateforme de vente de bateaux d’occasion. Un site d’hivernage est à l’étude et, a priori, ils devraient encore nous surprendre.
OUEST-FRANCE / Alain DUCATILLON, vendredi 2 février 2018