Charlotte et Julien Binard, deux anciens cadres de Bénéteau, ont fait de leur passion, leur métier. Fin 2017, ils ont créé leur société : Hellomulti. Ils sont les seuls, en France, à importer et vendre des trimarans Dragonfly. Ces bateaux, très haut de gamme (prix de base : 100 000 €) sont fabriqués au Danemark.
Comment est né le projet ?
Charlotte – « J’étais chargée de communication chez Bénéteau, et Julien, responsable commercial France. On est complémentaire.
On a eu envie de créer notre société. En parallèle, il y avait le désir d’acheter le bateau de nos rêves, un Dragonfly, pour naviguer en famille.
On a eu un très bon feeling lors de la visite du chantier, au Danemark, d’où sortent 50 modèles par an. Après 20 ans, la commercialisation en France allait être interrompue faute de distributeur.
C’était une très belle opportunité. Pendant trois jours, on a rencontré les équipes, pour tout connaître, des gens en usine au marketing. On s’est dit qu’on ne prenait pas un si grand risque au final. »
Quelles ont été les démarches ?
Charlotte – « Acheter un bateau pour soi, et l’acheter en vue d’importer des modèles en France, ce n’est pas la même chose.
Il a fallu trouver des financements. On a sollicité les banques qui travaillent dans le secteur maritime pour financer notre premier bateau, et l’exposer sur les grands salons du nautisme, mais sans réussite. Il fallait, à chaque fois, prouver notre rentabilité, malgré notre connaissance du marché et son potentiel, en progression ces deux dernières années.
L’accord de l’association Inov, Initiative Nord et Ouest Vendée, qui nous a accompagnés, a été essentiel pour la création d’Hellomulti. Sa commission (des banquiers, assureurs, notaires…), a partagé notre vision, en accordant un prêt d’honneur de 9 900 €. Puis, tout s’est mis en place. La Région nous verse une prime de 4 950 €. »
Quelles sont vos ambitions ?
« Repositionner la marque. C’est l’Aston Martin du nautisme, très performant mais sans nécessiter beaucoup de technique.
Nous avons participé à une régate avec un Figariste et un vainqueur du Tour de France à la voile. Puis, ce fut une 3e place au Spi Ouest France. Les modèles vont du 25 pieds au 35 pieds. Le prix de base démarre à 100 000 €, et évolue en fonction des options. Même les voiles sont sur-mesure : on rentre dans ce niveau de détail. Notre outil numérique nous permet de configurer chaque modèle avec le client.
Grâce à ses flotteurs rétractables, le Dragonfly n’occupe pas plus de place qu’un monocoque dans un port, et il est facilement transportable. »
Quel premier bilan tirez-vous ?
Charlotte – « Notre prévisionnel est réalisé, et même dépassé, avec la vente de 4 bateaux en 4 mois. Il y a une vraie demande, mais on reste très prudent. »
Julien – « Ce marché est une niche. Notre objectif est d’en commercialiser une dizaine par an. On ne se l’était pas fixé au départ mais on va aller le chercher maintenant. On aime accompagner nos clients, de A à Z. Un bateau, ça a une âme. Pour l’instant, Hellomulti est basée à Challans. Après, c’est en réflexion : Les Sables d’Olonne, Noirmoutier en l’île, Bouin… »
COURRIER VENDEEN / Magali DUPONT, lundi 23 avril 2018