En voulant acheter un multicoque, Charlotte et Julien Binard-Matthijsse sont devenus importateurs exclusifs de la marque danoise en France. Une opportunité saisie à la volée par deux marins passionnés et gonflés, dont la société, Hellomulti, est aujourd’hui basée à Challans (Vendée).
« Nous étions tous deux cadres chez Bénéteau, lâche Charlotte Binard-Matthijsse. Julien, mon mari, était responsable commercial et moi, chargée de la communication depuis dix ans. » En janvier 2017, le couple de voileux, gros amateur de multicoques habitables, se rend au Salon nautique de Düsseldorf. Il tombe sous le charme d’un trimaran de fabrication danoise, le Dragonfly 28.
La jeune femme se remet d’un gros problème de santé et l’affirme : « La vie est trop courte pour naviguer à 7 noeuds ! » Une vitesse moyenne pourtant honorable de l’avis de nombreux plaisanciers. De retour en France, le couple souhaite passer commande. « Cette formalité s’avère alors très compliquée. » Pour accélérer les choses, il prend contact avec le constructeur et se rend au Danemark durant trois jours.
« Une opportunité à saisir »
« Le courant est bien passé avec Jens Quorning, responsable de la marque. Julien et moi, on s’est regardés. À l’évidence, il y avait une opportunité à saisir. » Les deux cadres surmenés lâchent alors leurs emplois respectifs. Ils deviennent importateurs exclusifs Dragonfly en France et créent la société Hellomulti, à Challans (Vendée). Trois principaux fabricants de trimarans transformables se partagent ce marché de niche : Corsair, Tricat et Dragonfly. Cela ne représente, en France, que quelques dizaines d’exemplaires vendus chaque année.
La particularité des quatre modèles Dragonfly, de 25 à 35 pieds (soit de 8,75 à 10,70 mètres), est d’être équipée du système swing wing. « Cela permet de rabattre les deux flotteurs sur la coque centrale, explique Charlotte. En moins d’une minute et sans effort, la largeur du bateau est réduite de moitié. »
Les Dragonfly peuvent ainsi occuper une place de port équivalente à un monocoque de taille similaire. Les deux plus petits sont même transportables sur une remorque.
« Des curieux viennent à notre rencontre au stand du Nautic, explique Charlotte. Ils veulent voir de près à quoi ressemble cette « libellule » qui les a doublés, les laissant sur place. » D’autres, croisés sur le stand, comme Hélène et André Bénard, témoignent de leur expérience. « Nous sommes allés acheter notre Dragonfly 35 en juillet dernier au Danemark. Nous avons ensuite navigué durant un mois dans ce paradis des trimarans. »
Le 1er octobre, au départ de la Rochelle, ils ont accompagné les concurrents de la Mini-transat jusqu’aux Canaries. « Je voulais suivre mon neveu engagé dans la course, précise Hélène. Nous avons testé le comportement très sain du trimaran, doux et sécurisant. »
Devenus propriétaires depuis une semaine d’un Dragonfly 28 basé aux Sables D’olonne, Charlotte, Julien et leurs deux jeunes enfants n’ont pas encore eu le temps d’en profiter. Ils ont chaussé leurs casquettes de concessionnaires et reçoivent les clients « potentiels » à tour de bras. « On n’arrête pas d’être sollicités pour des renseignements et des visites, indique Charlotte. J’espère que ça va marcher. »
OUEST-FRANCE / Michel GODIN, jeudi 7 décembre 2017