Un des grands plaisirs d’un trimaran de performance est de retrouver les sensations d’un monocoque au près. Avec sa barre unique en carbone, le Dragonfly décolle le flotteur au vent, glisse sur une surface minimale et file droit. Pas besoin de régler sans cesse, la barre reste équilibrée : sur tribord, je pouvais lâcher la roue et le bateau continuait sur son cap. Nous devions légèrement reprendre le cap sur bâbord – certainement un léger désalignement de la dérive qui sera repris par le chantier.
Jour 2 – Vent léger Lors du deuxième jour, nous avons testé le bateau par vent plus faible. Le 36 a encore impressionné : 8,5 nœuds au près à 40° du vent réel, 7-13 nœuds constants. Ce sont des chiffres dignes d’un monocoque de course, grâce aux coques étroites, au mât carbone rotatif et au centrage des voiles. Nous nous sommes aussi mesurés à Peter, le fils de Jens, qui naviguait solo avec un all-carbon 40 Performance, et la différence était minime : le 36 tenait la comparaison !
Le 36 est une machine capable d’atteindre ou de dépasser la vitesse du vent, variant de 5 à 20 nœuds, et peut atteindre environ 24 nœuds en mer calme. Bien qu’il soit difficile de juger de sa
performance dans des vagues, le 36 réagit parfaitement à chaque rafale de vent et exécute
aisément les empannages et virement de bords. Le soir, en remontant un autre fjord au soleil couchant, assis seul dans le cockpit chauffé et profitant des sièges confortables, j’ai savouré cette douce évidence : ce bateau donne un plaisir rare. Ce soir-là, nous devions nous amarrer au superbe sanatorium reconverti près de Kolding, un lieu exceptionnel, et pourtant, je n’arrivais pas à quitter la barre. Une fois le Dragonfly à l’arrêt, on commence à comprendre qu’il s’agit d’une véritable fusion entre conception et ingénierie